Préparer la Desertus Bikus : récit d’une préparation entre rêve et doutes
Il y a des aventures qui s’imposent à vous comme une évidence. Et pour moi, préparer la Desertus Bikus en fait clairement partie.
Quand j’ai découvert cette course en 2022, on me l’a décrite comme une traversée sauvage de l’Espagne, entre pistes boueuses, paysages grandioses et autonomie totale. Une sorte de pèlerinage à vélo pour les amoureuses du long cours. À l’époque, je n’étais pas prête. Et puis, la vie, les enfants, les autres projets, les pauses… Je n’avais jamais trouvé le bon moment.
Jusqu’à cette année.
Avril 2025 tombait pendant les vacances scolaires. Nous pouvions nous organiser et faire garder les enfants. J’avais prévu de traverser l’Espagne à vélo, en solo ou en duo, sans objectif de performance, juste pour le plaisir de l’itinérance. Et puis, l’opportunité est arrivée : une place pour participer à la Desertus Bikus. Le rêve d’une traversée des déserts espagnols, une course unique entre Hasparren et Almuñecar. Un défi un peu fou. J’ai dit oui.
À ce moment-là, je n’avais aucune douleur au genou. J’étais gonflée à bloc. C’était un objectif ambitieux, certes, mais qui m’animait profondément. J’adore rouler longtemps. Après un an de pause sans vélo, je voulais me prouver que je pouvais revenir, plus forte. Préparer la Desertus Bikus m’offrait exactement ce dont j’avais besoin : un projet motivant, un cap à suivre. La Desertus, c’est clairement un cran au-dessus de la Pocoloco — ma première course d’ultracyclisme « version débutante ».
Et puis, il y a quelques semaines… les premières douleurs. Persistantes. Handicapantes. Le genou droit, puis le gauche. Celui qui fait grimacer en pleine côte. Aujourd’hui, à quelques semaines du départ, je ne sais toujours pas si je pourrai prendre le départ. Mais que je sois sur la ligne ou non, j’ai envie de partager ici tout ce que cette préparation m’a appris : les réussites, les doutes, les ajustements. Parce que préparer la Desertus Bikus, ce n’est pas juste une question de watts et de sacoches. C’est aussi une histoire de rêves, d’équilibre… et parfois de limites.
Pourquoi la Desertus Bikus ? 🌵
Il y a des courses qui attirent par leur nom. D’autres par leur réputation. Et certaines… par leur esprit.
La Desertus Bikus coche les trois.
J’aime les défis un peu fous. Ceux qui nous sortent du quotidien, qui nous placent face à nous-mêmes, mais sans jamais oublier l’essentiel : le plaisir de rouler, la beauté des paysages et les rencontres sur la route. La Desertus, c’est tout ça à la fois.
Ce qui m’a tout de suite séduite, c’est le concept de traverser l’Espagne du nord au sud, en autonomie, entre routes désertiques, villages oubliés, montagnes imprévisibles et chaleur andalouse. Loin des grandes infrastructures touristiques. Loin du confort, oui, mais proche de l’essentiel.
La Desertus, c’est aussi un événement où les femmes sont pleinement représentées : en 2025, la participation est annoncée à 50 % féminine. Dans un monde encore largement masculin comme l’ultracyclisme, c’est rare, précieux, et terriblement motivant.
C’est aussi une course où la performance ne prime pas sur l’humain. Il n’y a pas de podium qui claque, pas de ligne d’arrivée survoltée. Il y a des sourires, des bivouacs improvisés, des doutes partagés, des galères communes. L’organisation encourage la convivialité, l’entraide, le respect des autres et de soi. On peut rouler en groupe, en relais, ou en solo total. On peut choisir de dormir sous les étoiles ou dans un petit hôtel. Chacune sa stratégie, chacun son rythme.
Et puis… il y a le rêve. Celui de traverser les déserts espagnols, de sentir la chaleur sèche sur la peau (pas trop j’espère), de rouler au lever du jour quand tout dort encore. De découvrir chaque CP comme une petite victoire. De finir au bord de la mer, à Almuñecar, les jambes vidées mais le cœur rempli.
Je ne sais pas encore si je vivrai ce rêve jusqu’au bout cette année. Mais rien que me préparer pour cette course m’a déjà tant appris.
Entraînement : comment se préparer pour la Desertus Bikus
Quand on s’inscrit à une épreuve comme la Desertus Bikus, on sait qu’on ne part pas “juste pour faire une balade”. Ce n’est pas une promenade, ni même un voyage à vélo comme les autres. C’est une traversée de plus de 1000 km, avec du dénivelé (15 000 m), des conditions météo parfois extrêmes, du sommeil réduit, et surtout… une exigence physique et mentale constante.
C’est pour cette raison que, dès septembre, j’ai fait le choix de me faire accompagner. J’ai pris une coach spécialisée en ultracyclisme, pour structurer ma préparation, éviter de me disperser, et surtout… me libérer de la charge mentale. Je n’avais plus à réfléchir à ce que je devais faire. Je recevais ma séance, je montais sur le vélo, et je pédalais. Simple, efficace.
Une reprise progressive… mais régulière
Il faut dire que je sortais d’une année sans vélo. Je n’avais pas de base solide, mais j’étais motivée. Avec ma coach, nous avons commencé tout en douceur, avec beaucoup de séances courtes — souvent une heure — mais régulières. J’ai très vite repris un bon rythme, avec 4 à 5 séances par semaine, que j’arrivais à caler facilement dans mon quotidien.
Ce n’est que plus tard, à l’approche de la Desertus, que le volume a augmenté progressivement. On a ajouté des sorties longues (très longues), du travail plus spécifique à l’endurance ultra, de la gestion de puissance sur plusieurs heures, et un peu de dénivelé. L’objectif : habituer le corps à encaisser l’effort sur la durée, sans l’épuiser trop tôt.
Et surtout… elle m’a fait faire des choses que je n’avais jamais faites en tant que voyageuse à vélo :
des sprints, du travail en danseuse, des séances de fractionné, des blocs à haute intensité. C’était parfois difficile, inconfortable, mais c’est ce qui m’a permis de progresser, de sortir de mes habitudes, et de construire une base bien plus solide que je ne l’aurais fait seule.
En parallèle, j’ai intégré 1 à 2 séances de natation par semaine, pour harmoniser mon développement musculaire, renforcer mon endurance générale, me préserver physiquement et… apprendre enfin à nager le crawl !
Prendre soin du corps et de l’énergie
J’ai aussi fait attention à mon alimentation, avec une vraie volonté de manger mieux et de réduire le sucre. Résultat : j’ai retrouvé ma ligne et ma forme physique, ce qui a renforcé ma confiance.
Pour maximiser ma récupération, j’ai essayé de faire attention à mon sommeil. Mais avec les enfants, ce n’est pas toujours simple. Les nuits sont entrecoupées, les réveils fréquents, et on ne récupère jamais vraiment à 100 %. Il y a cette fatigue sourde, permanente, qu’on apprend à apprivoiser, mais qui ne disparaît jamais totalement.
Alors j’ai appris à faire avec. À ne pas trop en demander à mon corps quand la nuit avait été mauvaise. À m’accorder un moment de pause ou de sieste quand c’était possible. Dans une préparation longue comme celle d’un ultra, le sommeil fait partie de l’entraînement, même si on a tendance à l’oublier. Et avec une vie de famille, il faut parfois accepter que tout ne soit pas parfait. L’important, c’est d’avancer avec ce qu’on a.
Et le renforcement musculaire ?
Soyons honnêtes : je n’ai pas fait beaucoup de renforcement. Ce n’est pas que je n’en vois pas l’intérêt — au contraire. Mais le temps est limité, et j’ai fait le choix de prioriser le vélo. Aujourd’hui, avec une douleur persistante au genou, je me demande si j’aurais pu éviter ce souci en musclant davantage certaines zones. C’est une leçon que je retiens pour la suite.
Des moments forts en entraînement
Malgré les doutes, j’ai vécu de superbes moments à vélo pendant cette préparation. Un de mes meilleurs souvenirs reste ces trois jours autour d’Avignon, où j’ai pu tester mes jambes, mon matos, ma résistance sur plusieurs jours, et renouer avec le plaisir du voyage. Ces sorties ont été de vraies mini-aventures, pleines de soleil, de paysages, et d’efforts soutenus.
J’ai aussi partagé certaines de mes séances sur Strava, et ça m’a permis de garder le lien avec ma communauté, d’échanger avec d’autres cyclistes, et de sentir que je n’étais pas seule dans cette préparation.
Et même si aujourd’hui, je ne sais pas encore si je pourrai prendre le départ, je regarde ce chemin parcouru avec fierté. Il m’a fait du bien. Il m’a ramenée à l’essentiel. Il m’a rappelé que le vélo, c’est plus qu’un sport : c’est une aventure, une manière de vivre, et un outil pour se retrouver.
Et surtout… j’ai pris énormément de plaisir à suivre cette préparation. Moi qui n’avais jamais fait d’entraînement structuré à vélo, j’ai découvert un vrai plaisir à pédaler avec une intention, un plan, un fil conducteur. Et je compte bien continuer à m’entraîner aussi régulièrement pour d’autres objectifs… une fois que ce genou m’aura laissée tranquille.
🗺️ Trace Desertus Bikus : traverser ou contourner les Pyrénées ?
L’une des grandes spécificités de la Desertus Bikus, c’est que l’itinéraire est libre : à vous de tracer votre parcours entre Hasparren (au Pays basque) et Almuñecar (en Andalousie), en passant par les points de contrôle obligatoires. Et cette liberté est aussi ce qui rend l’expérience si intense : chaque participante vit sa propre traversée, selon ses choix, ses envies, ses limites et ses intuitions.
Mais quand on commence à préparer la Desertus Bikus, on réalise vite que cette liberté est aussi une sacrée responsabilité. Il faut faire des choix, parfois stratégiques, parfois logistiques, parfois émotionnels. Et l’un des tout premiers dilemmes à trancher est celui-ci :
👉 Est-ce que je traverse les Pyrénées… ou est-ce que je les contourne ?
Etant de signe astrologique Balance, vous comprenez bien que je n’ai toujours pas pris ma décision à seulement quelques semaines du départ 😅.
🏔️ Option 1 : Traverser les Pyrénées
C’est l’option la plus directe… et aussi la plus exigeante.
Partir du Pays basque pour plonger directement dans les montagnes, c’est s’assurer plusieurs cols dès la première nuit, en espérant bénéficier de bonnes conditions météorologiques. Mais c’est aussi une immersion immédiate dans l’aventure, avec une mise en jambe ultra-stimulante. Pour ce qui est des paysages, je ne vais pas voir grand-chose de nuit avec un départ à minuit
Choisir cette option, c’est être prêt·e à encaisser physiquement et mentalement de cette première étape avec des montées de 12 voir 16%.
💡 Ce que j’en pense : traverser les Pyrénées me fait rêver, c’est clairement dans l’esprit de la Desertus Bikus 2025. Les longues montées, ce n’est pas vraiment mon point fort, mais j’aime le défi. Je sais aussi que ce choix peut vite entamer la fraîcheur physique, surtout quand on part avec des genoux déjà fragiles dès le début de course…
🌊 Option 2 : Contourner par la côte
L’autre option est de contourner les Pyrénées par l’ouest, en suivant des itinéraires plus roulants, avec moins de dénivelé, mais souvent plus longs en kilomètres. Ce choix implique souvent d’emprunter de grandes routes, en milieu plus urbanisé — une ambiance beaucoup moins bucolique, et parfois moins agréable à rouler.
Cela permet d’éviter les grosses montées dès le départ, de mieux gérer ses efforts et de garder du jus pour la suite, notamment pour affronter les zones désertiques et la chaleur du sud.
💡 Ce que j’en pense : avec mes problèmes de genoux, c’est une option que je ne peux pas écarter. Même si mon cœur penche pour les cols, ma tête me dit qu’il faut rester stratégique et préserver mes chances d’arriver au bout de la Desertus Bikus.
🧭 Comment j’ai préparé ma trace Desertus Bikus
Pour construire ma trace, j’ai utilisé plusieurs outils :
- Komoot, est mon outil principal. J’aime la possibilité d’avoir une estimation du temps que je vais mettre pour parcourir chaque portion, la facilité de modifier la trace simplement en glissant la ligne, et la vue rapide sur le type de route. En un clic, je peux même basculer sur Google Street View pour vérifier l’état réel du terrain — super pratique pour éviter les mauvaises surprises.
- Strava, m’a aidée à trouver un itinéraire avec le moins de dénivelé possible, avec son option de trace automatique avec le moins de dénivelé.
J’ai fignolé l’itinéraire en :
- Localiser les ravitaillements : commerces, points d’eau
- Identifier les hébergements potentiels, notamment dans les zones les moins touristiques
Et bien sûr, j’ai veillé à respecter scrupuleusement les coordonnées GPS des CP (points de contrôle). Pas question de rater un point parce que ma trace passe 300 mètres à côté !
📌 Ce que je retiens en préparant la trace de la Desertus Bikus
- Préparer la Desertus Bikus, ce n’est pas juste tracer une ligne entre le nord et le sud de l’Espagne : c’est imaginer son aventure, en fonction de soi.
- Il n’y a pas de bon ou mauvais itinéraire. Il y a juste celui qui vous correspond à l’instant T.
- C’est aussi un exercice d’humilité : entre l’envie de performance, de paysages sublimes et les contraintes du corps, de la météo ou du matériel, il faut souvent faire des compromis.
Cette étape de préparation fait partie du voyage. Elle m’a déjà donné le sentiment de partir, d’explorer, de rêver.
Quel matériel pour préparer la Desertus Bikus en autonomie
Quand on commence à préparer la Desertus Bikus, il y a un autre sujet qui prend vite beaucoup de place dans nos pensées (et dans nos sacoches) : le choix du matériel. Parce que cette épreuve n’est pas une course classique. C’est une aventure en autonomie, où il faut pouvoir faire face à tous les imprévus : météo changeante, crevaisons, alimentation, fatigue extrême… sans assistance extérieure.
Trouver le bon équilibre entre autonomie et légèreté devient alors un vrai casse-tête.
Mon vélo pour la Desertus Bikus
Pour cette édition 2025, j’ai choisi d’utiliser mon Adris (l’aventure). Mais j’ai mis du temps à le ressortir. Ce vélo, je l’avais un peu mis de côté ces derniers mois, car il m’avait déjà causé des douleurs aux genoux lors de précédentes Flèches de France.
En décembre, j’ai pris le temps de faire une étude posturale, pour corriger ces problèmes. J’ai ensuite roulé tout le mois de janvier avec ce vélo, sans souci particulier. Mais c’est lors de la Flèche Paris-Le Havre – ma première reprise des longues distances – que les douleurs sont revenues. Mon premier syndrome rotulien s’est déclenché après plus de 170 km. Une douleur qui, aujourd’hui encore, me fait douter de ma capacité à prendre le départ.
Avec le recul, je me dis que ressortir ce vélo plus tôt n’aurait sans doute rien changé. Les douleurs apparaissent autour des 200 km, une distance que l’on évite en entraînement, surtout en hiver, pour ne pas accumuler trop de fatigue.
En fait, c’est pire que Dallas mes histoires de genoux et d’études posturales. Je pourrais en faire un article complet rien que sur ce sujet.
Mes choix de matériel pour la Desertus Bikus 2025
Pour préparer cette course, j’ai dû faire des choix. Voici les grandes lignes de ma configuration :
➡️ Sacoches Je pars avec un setup minimaliste mais suffisant :
- Une sacoche Tailfin qui remplace mon porte bagage habituel (petit vélo = sacoche de selle qui touche la roue)
- Une petite sacoche top tube
- Deux bidons et une flasque au cas ou que je mettrais dans la sacoche Tailfin
L’objectif est de pouvoir transporter tout le nécessaire sans que le vélo devienne un tank difficile à manier.
➡️ Bivouac ou hébergement ? Je suis du genre à préférer le confort d’un lit quand c’est possible, surtout après une journée de 250 km sous la chaleur. Ca sera exclusivement des hébergements en dur. J’utiliserai ma couverture de survie pour les siestes si besoin, surtout avec une nuit blanche au départ.
➡️ Matériel mécanique En participant à la Desertus Bikus, il faut être prête à gérer sa mécanique soi-même. Il y a très peu de magasins de vélo sur le parcours. Voici ce que j’emporte :
- Un multi-outil complet
- Des démonte-pneus
- Deux chambres à air
- Des mèches tubeless
- Un dérive-chaîne et maillon rapide
- Une mini-pompe
Parce que crever en plein désert, c’est une chose… mais devoir abandonner pour une casse évitable, ce serait frustrant.
➡️ Éclairage et électronique : L’autonomie électrique est un point crucial pour préparer la Desertus Bikus. J’aurais accès à des prises de courant chaque soir :
- Une lampe avant d’une grande autonomie, idem pour le feu arrière
- Le tracker GPS (fourni par l’organisation)
- Un compteur GPS garmin 1040 solar
Il est obligatoire de maintenir la balise GPS allumée : elle permet à l’organisation de suivre notre progression et valide notre passage aux points de contrôle.
➡️ Les vêtements Le gros défi matériel de la Desertus Bikus 2025, c’est la météo. On peut passer de 0°C à 40°C en quelques jours voir dans la journée. J’ai donc prévu :
- Une veste coupe-vent et imperméable
- Une doudoune
- Un sous-maillot technique
- Un maillot manches longues
- Deux cuissard court avec jambières
- Des gants légers et une paire chaude
- Un tour de cou et un cache-oreilles
- Deux paires de chaussettes
L’objectif n’est pas d’être stylée, mais de pouvoir affronter le froid de la nuit, la pluie éventuelle et la chaleur andalouse.
Trouver le bon équilibre
Préparer la Desertus Bikus, ce n’est pas remplir des sacoches à ras bord « au cas où ». C’est apprendre à faire confiance à son matériel, à ses capacités, et à sa capacité d’adaptation.
Le bon matériel, c’est celui qui vous permet de :
- Rouler longtemps sans vous épuiser
- Gérer les imprévus sans paniquer
- Dormir un minimum si besoin
- Continuer, même quand tout vous pousse à abandonner
Le matériel parfait n’existe pas. Mais un matériel pensé, testé, et adapté à votre stratégie vous rapprochera de l’arrivée.
Et si vraiment j’ai oublié quelque chose d’important, bin j’irai acheter, c’est l’Espagne et les villes sont pourvus de magasins.
Hébergement et logistique pour la Desertus Bikus
Quand on commence à préparer la Desertus Bikus, il ne suffit pas de penser au vélo et aux kilomètres. Cette épreuve est avant tout une aventure en autonomie, et cela implique de gérer toute la logistique : le départ, l’arrivée, les hébergements éventuels, et même les imprévus en cours de route. C’est un point que l’on sous-estime souvent, mais qui peut faire toute la différence sur une course aussi longue.
Dormir pendant la Desertus Bikus : pas de bivouac pour moi
L’organisation le rappelle dans ses recommandations : il n’y a pas beaucoup d’hébergements le long du parcours. La Desertus Bikus ne traverse pas les grandes zones touristiques, et selon votre trace, vous pouvez rouler des heures sans croiser d’hôtel ni même de village.
Certains participants choisissent de bivouaquer, d’autres préfèrent réserver un lit chaque soir. Pour ma part, j’ai fait le choix de ne pas bivouaquer.
Je sais que mon corps récupère bien mieux dans un vrai lit et, avec mes douleurs au genou, je préfère mettre toutes les chances de mon côté pour aller au bout. Je ne suis pas là pour la performance, mais pour vivre l’aventure, pour le voyage. J’ai donc choisi d’adapter ma trace et mes étapes en fonction des hébergements disponibles, quitte à faire quelques kilomètres de plus si nécessaire
Aller au départ et revenir de la Desertus Bikus
L’autre point crucial pour préparer la Desertus Bikus 2025, c’est la logistique avant et après la course.
➡️ Le départ est donné à Hasparren, dans les Pyrénées-Atlantiques, à 00h01 le 19 avril 2025. Le retrait des dossards se fait la veille, entre 14h et 22h.
J’ai choisi de me rendre à Bayonne en train. Une fois arrivée, je rejoindrai Hasparren à vélo, histoire de commencer doucement à rentrer dans l’aventure.
➡️ Pour le retour, j’ai opté pour la solution la plus simple : j’ai réservé ma place dans le bus affrété par l’organisation, qui ramènera les participantes et leurs vélos jusqu’à Bayonne. Après plus de 1400 km à travers l’Espagne, je sais qu’un retour en bus sera plus que bienvenu !
Anticiper l’imprévu
L’un des meilleurs conseils Desertus Bikus que je peux vous donner, c’est de prévoir… l’imprévisible. Que vous choisissiez de dormir en hôtel, en refuge ou de rouler sans dormir, il y aura toujours des choses qui ne se passeront pas comme prévu.
Préparer la Desertus Bikus, ce n’est pas cocher des cases. C’est créer les conditions pour vivre votre propre aventure, avec vos choix, vos envies, et parfois vos imprévus.
Doutes, douleurs et réalité de la préparation Desertus Bikus
Si vous êtes encore en train de lire cet article, vous vous en doutez sûrement : préparer la Desertus Bikus est un vrai parcours du combattant. Pas seulement physiquement, mais aussi mentalement et émotionnellement.
Je pourrais vous dire que tout s’est déroulé parfaitement pour moi, que ma préparation a été linéaire, que je suis prête à 100 %. Mais la réalité est tout autre.
Les doutes font partie du voyage
Aujourd’hui, à quelques semaines du départ, je ne sais toujours pas si je pourrai prendre le départ de la Desertus Bikus 2025. Mon genou droit, puis mon genou gauche, ont décidé de jouer les trouble-fêtes en plein cœur de ma préparation. Après des mois d’entraînement, je suis face à un mur que je n’avais pas prévu.
Même si j’ai mis plusieurs choses en place — du renforcement musculaire, des compléments alimentaires, des séances chez le chiropracteur —, je suis aujourd’hui incapable de me projeter avec certitude. C’est frustrant, évidemment. Mais c’est aussi ça, l’ultracyclisme : apprendre à accepter que tout ne dépend pas uniquement de nous. Que parfois, malgré tous les plans, toute l’énergie investie et les heures passées à pédaler, le corps décide de mettre un stop.
Je pourrais choisir de ne pas en parler ici, de faire comme si tout allait bien. Mais je crois qu’il est essentiel, pour toutes celles et ceux qui rêvent un jour de participer à la Desertus Bikus ou à une autre course d’ultradistance, de savoir que les doutes, les imprévus et les remises en question font partie intégrante du voyage.
Ce que cette préparation m’a déjà appris
Que je prenne le départ ou non, cette aventure m’aura beaucoup appris :
- Sur mon corps, ses forces et ses failles.
- Sur ma capacité à m’engager à fond pour un objectif.
- Sur l’importance d’être bien entourée, que ce soit par une coach, des proches, ou la communauté bikepacking.
- Sur le fait que la préparation ne se limite pas à empiler les kilomètres, mais qu’elle demande aussi de l’écoute, de la bienveillance envers soi-même.
Je me suis découverte à travers cette préparation. Moi qui n’avais jamais vraiment fait d’entraînement structuré, j’ai pris goût à cette rigueur. Et une chose est sûre : dès que mes genoux me le permettront, je continuerai à m’entraîner et à viser d’autres projets.
Mes conseils pour préparer la Desertus Bikus
Si vous envisagez de participer à la Desertus Bikus, voici les conseils que j’aurais aimé recevoir en amont :
- Adaptez la course à votre profil : il n’y a pas une bonne façon de faire, il y a celle qui vous correspond.
- Ne sous-estimez pas la logistique : trace, hébergement, ravitaillement… tout compte.
- Écoutez votre corps : les signaux faibles sont importants. N’attendez pas que la douleur devienne handicapante.
- Préparez votre esprit autant que vos jambes : il y aura des moments de doute, de fatigue, d’envie d’abandon. C’est normal.
- Ne vous comparez pas aux autres : la Desertus Bikus est avant tout une aventure avec soi-même.
- Faites régler votre vélo par un professionnel le plus tôt possible dans votre préparation.
FAQ – Préparer la Desertus Bikus : questions fréquentes avant le départ
Non. La Desertus Bikus s’adapte à différents profils. Il est possible de la préparer sans objectif de performance, à condition d’écouter son corps et d’adapter sa stratégie. Toutefois, il faut prévoir la durée de la préparation en conséquence de votre historique.
La distance dépend de la trace choisie, mais elle dépasse généralement les 1 400 km avec environ 15 000 m de dénivelé positif.
Une préparation progressive, axée sur l’endurance, la régularité et la gestion de l’effort sur la durée est essentielle, plus que la recherche de performance pure.
Les deux sont possibles. Le choix dépend de votre stratégie, de votre récupération et de votre rapport au confort. Personnellement, j’ai privilégié les hébergements en dur.
En étant à l’écoute des signaux du corps, en intégrant du renforcement musculaire et en faisant régler son vélo le plus tôt possible. Et ne pas y aller trop fort trop vite.
En conclusion
Préparer la Desertus Bikus aura été pour moi bien plus qu’un simple projet sportif. C’est devenu une école de patience, de résilience, d’écoute de soi. Peut-être que je ne serai pas au départ cette année, peut-être que je le serai. Mais quoi qu’il arrive, ce chemin m’aura transformée.
À toutes celles qui hésitent à se lancer, je n’aurai qu’un mot : osez. Peu importe si vous allez vite, loin ou si vous terminez l’épreuve. Ce qui compte, c’est de tenter l’aventure, d’écrire votre propre histoire à vélo.
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